Développer une méthode de travail et concevoir la structure et les contenus d’un dispositif de formation

  1. Introduction
  2. Durant la phase de conception, nous endosserons le rôle d’expert pédagogique et suivra généralement la méthode suivante :

    Figure 5 - la phase de conception

    Toutes ces phases sont dépendantes les unes des autres et devront être réalisées dans cet ordre. Mais les trois dernières pourront se construire simultanément en fonction de l’avancement de chaque partie du projet. Chaque phase est caractérisée par la création d’un document. Nous expliquerons le rôle et le contenu de chacun et fourniront des modèles en annexe. Mais auparavant, nous expliquerons les différents acteurs qui pourront intervenir et que nous devrons solliciter pendant cette phase.

  3. Qui sont les acteurs du projet dans l’étape de conception ?
  4. Monsieur Heutte a identifié un facteur pouvant conduire à l’échec d’un projet : « penser que l’on peut sauver le monde tout seul. » (2011). En effet, nous ne maîtrisons pas les contenus sur lequel nous travaillons ni certains aspects techniques. Nous ne connaissons pas non plus totalement les attentes du client s’il ne les clarifie pas et s’il n’est pas impliqué tout au long du projet. Nous devrons donc développer notre réseau Ingénieur pédagogique multimédia/experts/client et organiser une collaboration active avec ces différents acteurs. N’étant pas toujours disponible aux mêmes horaires ou sur place, ou certains partages d’informations ne nécessitant pas une conversation face-à-face, de nombreux outils nous permettront de collaborer efficacement et rapidement à distance avec ces différents acteurs. Nous présenterons ces outils dans la deuxième partie mais commençons par les acteurs. [1]

    Figure 6 – La collaboration de l’IPM

    L’expert contenu pourra être sollicité afin de récupérer le contenu et des ressources par exemple. Il devra être consulté pour valider le synopsis afin de s’assurer de la validité des informations retenues et de leur organisation. La validation du synopsis nous permettra de valider ces informations avec cet expert.

    L’expert technique sera consulté afin de valider les aspects liés aux différentes fonctionnalités des outils à créer afin de proposer une solution cohérente et réaliste. Le synopsis, le storyboard et la maquette seront des éléments à valider avec cet expert.

    L’IPM impliquera le commanditaire et plus précisément maître d’oeuvre afin d’être sûr que chaque élément lui convienne et pour éviter l’effet de surprise. Des rendez-vous réguliers devront être prévus et des documents comme le cahier des charges, le synopsis et la maquette faciliteront leur collaboration et permettront de valider régulièrement l’avancée du projet.

    Pour gérer ce réseau, nous pourrons utiliser des méthodes de gestion de projet dites « agiles » c’est-à-dire favorisant des allers/retours réguliers vers le client (démarche itérative), avec des livrables fournis régulièrement donc des phases de validation permettant de recadrer le projet très rapidement si nécessaire. Ceci implique une imbrication dans le temps des trois dernières phases de la conception et donc une forte collaboration entre l’IPM et les experts. La prochaine partie est consacrée aux outils qui peuvent nous permettre d’envisager de façon optimale une collaboration à distance avec ces acteurs.

  5. Les modalités et outils de communication
  6. Une première manière de communiquer consiste à organiser des réunions. Il en existe plusieurs types[2] :

    Si nous avons besoin de partager régulièrement des documents (synopsis, storyboard, maquettes, cahier des charges, versions d’un module…), nous pouvons nous servir d’un espace de stockage sur le Cloud comme Dropbox ou encore OneDrive, dont les dossiers peuvent être synchronisés automatiquement entre plusieurs appareils (ordinateurs, smartphones, tablettes…). C’est aussi possible de les stocker dans l’intranet d’une entreprise pour ensuite y accéder pour s’en servir dans un forum, ou les mettre à jour, dans une base de données REX[3], par exemple.

    Mais si nous souhaitons travailler à plusieurs sur le même document, en temps réel ou en asynchrone, et également conserver un record des modifications effectuées, un outil comme Google Drive ou Skydrive est plus adapté. La fonctionnalité ‘commentaires’ est aussi très utile pour le travail collaboratif (par exemple, pour donner des remarques ou suggestions, départager le travail dans l’équipe, marquer des références, ou annoter un élément à travailler plus tard). Cependant, l’espace de stockage sur chacun de ces dispositifs est limité, donc si nous voulons partager des fichiers lourds, il existe un service conçu pour cela : WeTransfer (gratuit). Toutefois il est important de télécharger une version locale sur son propre ordinateur pour pouvoir travailler dessus hors connexion; car sinon ces avantages sont seulement disponibles là où il y a une connexion internet.

    Un autre besoin est de discuter avec les autres membres d’une équipe en même temps que de voir un document. A cet effet, nous pouvons organiser des ‘réunions à distance’ sur des outils tels que Skype, qui permettent de partager l’écran d’un interlocuteur, ainsi que d’entendre les autres dans l’appel, et de les voir si nous avons une webcam sur son ordinateur.

    Il existe également des outils plus adaptés pour un groupe, comme Adobe Connect (où la personne qui dirige la réunion peut décider qui prend la parole et à quel moment), ou Google Hangouts, où tous les participants sont libres de participer quand ils veulent. Il existe aussi des outils professionnels à destination des entreprises permettant de passer des audioconférences et visioconférences sur leur intranet. Par exemple, l’outil Lync donne également la possibilité de voir en temps réel qui est dans votre liste de contacts d’entreprise, qui est disponible et permet de les appeler à partir de ton ordinateur. Il peut être intéressant de demander accès a cet outil dans une entreprise pour communiquer plus facilement avec les acteurs du projet.

    Un agenda partagé, tels que Google Agenda ou le calendrier Microsoft Outlook, peut aussi s’avérer très utile pour l’organisation d’une équipe : d’une part pour la planification des deadlines et jalons dans un projet pour éviter l’effet tunnel, et d’autre part pour voir les disponibilités des autres participants. Si vous avez les droits, vous pourrez aussi envoyer les invitations pour une réunion qui s’insèrera automatiquement dans les agendas des autres coéquipiers quand ils l’auront accepté. On peut aussi avoir une vue d’ensemble de tous les projets en cours, ce qui permet de ne pas surcharger l’équipe mais de bien repartir le travail.

    Les outils présentés seront utiles pour communiquer lors des prochaines étapes notamment le partage de différents documents de travail. Commençons par le cahier des charges de la réponse.

  7. Developpement du cahier des charges de la réponse
  8. Le cahier des charges de la réponse est un document opérationnel qui correspond à la traduction de la demande. Il doit permettre au client de voir ce que l’on est en mesure de proposer. Pour se faire, un certain nombre d'éléments doivent y figurer:

    Les rubriques proposées ne sont pas exhaustives, elles sont à adapter selon les projets.

  9. Organiser un contenu pédagogique
  10. La conception pédagogique générale consiste à : analyser les ressources existantes à médiatiser, ou le cas échéant, interviewer les experts qui détiennent la matière à transmettre (observation, interview, entretien…). L’expert contenu possède les savoirs / savoir-faire / savoir-être à transmettre mais c’est notre rôle d’expert pédagogique de vérifier que l’organisation proposée est cohérente. Ces deux étapes permettront de déduire les messages clés à faire passer et les objectifs pédagogiques mais également de séquencer le dispositif.

    Un objet pédagogique multimédia est :

    Nous pouvons nous inspirer des théories pédagogiques pour définir les caractéristiques du contenu pédagogique : behaviorisme, constructivisme et différents modèles comme le modèle allostérique ou les modalités de communication pédagogique. Cf. tableau en annexe (théories du cours apprendre et transmettre). Il faut se poser quelques questions : notre choix peut-il apporter du sens ? Soutient-il l’intention pédagogique ? Facilite-t-il l’immersion de l’apprenant ?

    Il est important de faire un tri dans les informations et sélectionner uniquement le contenu nécessaire à l’apprentissage ! Il faut éviter la surcharge cognitive, car cela peut nuire à l’apprentissage.

    Le guide du E-learning explique la structure d’une leçon e-learning :

    Pour lire des conseils sur l’élaboration de ce contenu ainsi que le style linguistique à adopter, nous pouvons nous référer au site suivant : http://www.fao.org/docrep/015/i2516f/i2516f.pdf. Pour une plateforme, se référer à l’ouvrage conduire un projet web. de Stéphane Bordage.

  11. Développement du scénario :
  12. Lors de cette phase, nous pourrons rédiger un synopsis qui permettra au commanditaire de se projeter dans ce que pourrait être le produit final. En général l’écriture du synopsis vient après l’analyse de la commande.

    1. Les objectifs du synopsis :
    2. Les contenus du synopsis :
    3. Les techniques pour présenter du contenu:
    4. Il existe également une grande variété d’éléments multimédia qui peuvent être combinés pour créer du contenu multimédia intéressant.

      Figure 7 : Eléments multimédia
      Il est possible de concevoir dans le cadre du dispositif, un soutien pédagogique complémentaire. Ces ressources peuvent inclure, par exemple :

      Lorsque le synopsis est validé, l’étape suivante est la création du Storyboard. il s’agit d’un document qui détaille les aspects techniques et graphiques du dispositif à produire.

  13. Faire un storyboard
  14. Pour réaliser le storyboard, il faut décrire écran par écran le module dans ses moindres détails mais également s’adapter aux contraintes liées à l’implémentation du module et vérifier la compatibilité avec le système informatique du client (attention aux vidéos trop volumineuses etc.). C’est un document intermédiaire qui s’adresse aux développeurs pour produire le dispositif.

    Pour chaque écran, préciser son contenu de manière à ce que le développeur produise exactement ce qui est décrit. Il peut être accompagné de croquis pour l’aider à visualiser le rendu attendu.

    Chaque description d’écran doit contenir :

    Figure 8 - Exemple de Storyboard

  15. Développement de maquette
  16. La maquette permet de donner une vue d’ensemble du projet et de lui donner un aperçu de la version finale du livrable.

    Elle peut se présenter concrètement comme une succession d'écrans simulant le plan et le déroulement du produit, l'aspect visuel et la ligne graphique, ainsi que quelques éléments d'interactivité. Il s’agit d’une première ébauche du dispositif.

    Raccourcir le coût et le temps de développement des projets informatiques est devenu un objectif important. De nouvelles méthodes de développement ont été conçues, de nouvelles technologies sont apparues dont le maquettage (construction des maquettes).

    La maquette est utilisée comme un outil de compréhension et de prévisualisation du produit final. Sachant que toute maquette doit être construite en respectant trois étapes :

    Figure 9 - Maquettage

    NB : à ne pas confondre avec le prototype, qui peut servir à tester certaines technologies (prototypes jetables) ou constituer le début de l’application future (prototype évolutif). Il concerne les pages fonctionnelles, cliquables et interactives qui peuvent servir à des tests d’utilisabilité.

    Figure 12 - Exemple de Mockup

  17. Les avantages du maquettage :
  18. La création des maquettes nécessite l’utilisation d’une certaine technologie ou de certains programmes. Voici quelques exemples de logiciels pour le maquettage:

  19. Conclusion
  20. La phase de conception permet de transformer l’ensemble des données de diagnostic (cahier des charges de la demande) en une première formalisation. En fonction des données recueillies, il est possible de définir, redéfinir les objectifs d’apprentissage, de choisir le dispositif et les moyens les plus appropriés pour conduire le projet. Cette étape passe notamment par la réalisation du cahier des charges de la réponse. Ce document doit permettre au client de voir ce que l’on est en mesure de lui proposer et de s’assurer que la demande soit bien comprise. Une fois cette étape validée, nous pouvons entamer la phase qui consiste à organiser un contenu pédagogique. Pour ce faire nous pourrons proposer un scénario en intégrant les exigences et contraintes du projet. Nous élaborerons un synopsis qui permettra au commanditaire de se projeter dans ce que pourrait être le produit final. Cette phase permettra par la suite de créer Le storyboard et le maquettage sont des outils qui permettent à l’équipe technique de commencer la production de l’outil. La prochaine partie sera consacrée à cette étape de production.

[1] PILOTER L’INNOVATION DE L’INTERIEUR : POUR UNE SCIENCE DE CONCEPTION ORIENTEE VERS LA PRODUCTION COLLEGIALE DE CONNAISSANCES, Jean Heutte, Actes du 23ème colloque de l’Adméé-Europe Evaluation et enseignement supérieur 2011, http://jean.heutte.free.fr/IMG/pdf/HEUTTE-piloter_innovation-2011-01-01b.pdf

[2] Rémy Bachelet (MOOC gestion de projet promotion 6, 2015

[3] Cet outil sera décrit dans la 5ème grande partie - perennisation

[4] En fonction du type de livrable, prévoir des dépenses supplémentaires, notamment l’achat de compléments (achat de plateforme/hébergement, licence d’utilisation de logiciel)